Oui… Hier j’étais fier de moi. Cet article dont le titre peut vous paraître un poil égocentrique est en fait un cadeau que je vous fais! Un peu de moi en quelque sorte.

Qu’est-ce que j’ai fait pour être aussi fier… J’ai commencé par aller au parc sans mon chien pour une fois. Pour être plus concentré, plus relax, plus apaisé. J’avais peur! Peur que cette expérience se solde par un échec… Puis je me suis repris, car je savais que la pensée négative allait m’y conduire tout droit.

Hier… J’ai couru 5 km… Sur un rythme ridiculement lent, en m’arrêtant pour faire des simples push-ups, des squats, des pull-ups. 3 séries avec bonne récupération à chaque fois. Il y a 2 ans je me serais demandé comme vous en lisant « mais qu’est-ce qu’il y a de si extraordinaire là-dedans? »

En réalité, rien. Il n’y a rien d’extraordinaire là dedans lorsque l’on a pas le contexte!

Il y a 20 mois, j’étais dans un lit. En douleur et surtout en détresse physique et mentale! Dans une glissade menant droit vers les abysses.

Lors de cette période, j’étais en surmenage permanent. Charge de travail monumentale et une phase d’entraînement beaucoup trop intense et totalement inadaptée à une personne avec mes paramètres (biomécanique, fatigue, stress, etc.). Je prends le blâme et j’assume. Puis, un jour ce qui devait se produire s’est produit. J’ai cassé sur un squat à seulement 50 % de mes capacités et avec la meilleure forme possible. Le corps a dit stop!

S’en est suivi une pensée que je n’avais jamais eu avant ça : « celle-ci c’est la dernière et tu vas la garder. C’est fini! » Puis je suis rentré dans l’entonnoir. Une brûlure constante dans tout le bas de mon corps, puis le haut de temps en temps, des douleurs, la déprime totale, les idées noires, l’isolement, la perte de confiance totale et d’identité…

Quand on vous vend la méthode toute faite pour venir à bout de vos problèmes de dos… BULLSHIT!

Quand on vous vend LA méthode pour venir à bout de vos problèmes de dos sur un livre ou un PDF… C’est de la BULLSHIT! Il n’y a pas une seule méthode pour venir à bout des problèmes de dos. Il y a une méthode que vous allez bâtir pour venir à bout et gérer VOTRE problème de dos! LE VÔTRE!

J’ai eu la chance dans mon malheur d’avoir pour ami et physio Steve Villeneuve. Je me rappelle mes premiers rendez-vous avec Steve et lors d’un d’entre eux, il m’a beaucoup questionné, m’a observé, ma façon de bouger, de me comporter et au bout d’un moment il m’a donné un papier avec le nom d’un psychologue et m’a dit : « tant que tu ne t’occupes pas de ce qu’il se passe dans ta tête… Mon travail sur tes jambes sera en vain… » J’étais insulté! Je me disais « mais il ne veut pas me soigner ce connard ou quoi? »

En fait, il était juste en train de me sauver, mais je n’étais pas prêt à le voir! Il me disait qu’il ne voulait pas m’envoyer passer cette IRM, car les mots couchés sur le papier allaient avoir une résonance terrible et pour lui c’était la pire des choses. Toutefois, il m’y a envoyé par sécurité 6 semaines après le début des douleurs. Son but était d’éloigner une cause grave comme une fracture, un cancer, etc.

L’IRM passée, ce qu’il craignait s’est réalisé… Mon Dieu, un compte rendu de deux pages! Le résumé de la vie d’un sportif acharné… Hernie discale (petite) L5-S1, hernies spongieuses à deux endroits, dégénérescence de deux disques, arthrose légère à modéré sur 2 niveaux de facettes postérieures… En voyant le papier je me suis dit « Ça y est, c’est donc ça, JE SUIS FINI! »

Lorsque je suis allé le voir, à ma grande surprise, il me dit après avoir observé le document attentivement… « Ah, ben c’est des bonnes nouvelles! » Ma mâchoire pendait au sol! Je lui demandais comment il pouvait me sortir ça. Puis il m’a répondu « Je n’ai pas dit qu’il n’y avait rien… J’ai dit qu’il n’y avait rien de grave! Pour moi, le plan reste le même. Pour rendre mon travail efficace, tu dois t’occuper de ta tête!”.

Je ne le croyais pas… Mais intrigué, j’ai commencé à lire John Sarno, Greg Lehman et d’autres auteurs qui parlaient de l’aspect multi factoriel des symptômes et même si j’étais choqué par la similitude entre les profils que décrivait Sarno et le mien, je n’étais toujours pas prêt à les entendre… Mon problème pour moi était uniquement structurel! Jusqu’au jour où j’ai du être amené à l’urgence par mes beaux parents et surtout amis, Fred et Ginette. Je me suis retrouvé face à cette doctoresse géniale et surmenée, qui avait pris le temps de me traiter humainement et de me dire après une analyse de mes examens existants et des nouveaux, que je n’avais rien de grave et que rien sur mes papiers ne pouvait expliquer une telle ampleur dans mes symptômes… Une fois sorti de son bureau, mes symptômes avaient diminué de 80 %. Je suis passé d’incapable de marcher et de vivre à celui qui est descendu à la cafétéria pour acheter à manger à tout le monde… Elle m’a référé le même jour au service psychiatrique. La meilleure chose qui me soit arrivée!

Par la suite j’ai entamé une longue thérapie avec Jocelyne, ma psy. Au début c’était dur, mais au fur et à mesure elle m’a aidé à découvrir Rémy et à le sauver. Elle m’a montré que ce n’était pas normal qu’une institutrice me frappe et me détruise verbalement quasiment tous les jours à l’âge de sept ans… Qu’elle avait conditionné la personne en manque de confiance que je suis devenu par là suite. Je me suis toujours perçu comme nul et moche et ce sentiment est devenu encore plus fort après la rencontre d’un entraîneur à 17 ans qui m’a littéralement détruit verbalement pendant une année complète. Je ne lui en veux pas, il voulait former un pro dans son esprit, mais en réalité il a tué ma passion et m’a détruit le peu de confiance que j’avais repris. Par la suite je n’aimais plus le basket, mais je continuais, car je le percevais comme la seule chose qui faisait que les gens me regardaient… Selon Jocelyne, c’est à 17 ans, après cette saison que j’ai fait ma première dépression sans même savoir ce que c’était. Je ne sortais pas, je ne me coiffais pas, je ne m’habillait pas et je ne voulais voir personne… J’étais juste fatigué… à 17 ans… Et je ne voulais pas le montrer pour ne pas paraitre faible

J’ai aussi appris pourquoi je n’appréciais rien. Chaque succès n’était qu’une étape normale et insuffisante. Pourquoi je voulais sortir casser la gueule du premier venu qui me klaxonnait, ces excès de rage… Celle même qui brulait en moi en permanence. Cette agressivité et pour finir, pourquoi je me détestai autant au point d’enligner les poteaux en rentrant chez moi en me disant que tout pourrait enfin se terminer.

Je n’ai jamais rien fait pour l’argent. J’ai toujours tout fait pour exister un peu aux yeux des autres. Ceux que j’aimais. Mais en réalité, j’existais déjà pour eu. Ce qui m’empêchait de le voir c’était un filtre… Ma perception. Ça fait bizarre à 39 ans, quand tu pensais être le 0 de la famille, de t’apercevoir lors d’une discussion avec ton cousin que tu idolâtrais, que de son côté, il pensait toujours devoir mettre les bouchées double pour t’accoter. Une véritable claque! Une prise de conscience!

Comment j’ai réussi à passer du lit à un 5 KM?

La réponse c’est patience, progression, connaissance de soi et s’accepter. Apprendre à s’aimer!

C’est pour cette raison que je déteste voir des gens qui basent tout leur business sur « je vous vend comment mettre un terme à vos problèmes de dos », avec un PDF téléchargeable. Je le répète, c’est de la BULLSHIT et je m’en fous royalement de froisser ceux qui basent leur chiffre d’affaires là dessus!

Ce qui a fonctionné pour moi :

  1. Commencez par oublier les mots affreux sur vos résultats d’examens. Gérez vos corps intelligemment, mais ne vous apparentez pas à ces « lésions » qui sont souvent normales. Certains ont les mêmes voir pire sans aucune douleurs et d’autres ont moins avec plus de douleurs…
  2. Être tombé sur des gens qui ne m’ont pas considéré comme un porte-monnaie ambulant et m’ont conseillé au-delà de leur propre pratique.
  3. La méthode McGill n’a pas été salvatrice pour moi, mais m’a donné des outils et connaissances qui m’aident encore aujourd’hui
  4. La rehab n’a pas fonctionné pour moi, mais elle m’a fait comprendre l’importance du système para sympathique et m’a donné de bons protocoles que j’applique encore aujourd’hui.
  5. La patience… On vit dans une société où le contrôle sur tout est permanent, mais sur une blessure, il a sa limite. Il faut accepter que le corps a tout pour se guérir ou s’adapter, à partir du moment où on lui donne ce dont il a besoin. Nutriments, temps, patience, calme, repos, sommeil, activités dans sa zone de tolérance du moment, de l’amour, de la confiance…
  6. Soigner la personne à l’intérieur de nous, l’aimer, lui donner son importance, aller chercher l’enfant à l’intérieur et lui expliquer ce que l’on a fait, pourquoi, nos erreurs et lui dire qu’on l’aime.
  7. Reprendre l’exercice progressivement en respectant notre seuil de tolérance. Comme dit Lehman, secouer un peu l’ours, mais raisonnablement de façon à ne pas prendre une volée. Quand j’ai repris tractions, dips, push-ups, barbell hip thrust, squats (même à poids de corps) étaient douloureux à un certain point du mouvement, mais en restant dans une zone de douleur faible et avec une bonne logique de progression, ces douleurs ont disparu. La tolérance a augmenté au fil des semaines.
  8. Le point le plus important, travailler sur votre mental et votre perception de l’entraînement. La performance c’est le corps au service de l’entraînement. La santé c’est l’inverse… C’est l’entrainement au service du corps! Et beaucoup sont des performer qui s’ignorent. Pourquoi? Besoin de valorisation, perception de l’entraînement, manque de connaissances.
  9. LE THÉRAPEUTE N’EST PAS DANS VOTRE CORPS!!!! Ce n’est pas parce qu’il dit 3 x 10 qu’il faut le faire et bien souvent j’ai fini des séances encore plus en douleur à cause de ça! Souvent au début, il est mieux de faire 1 x 10 et d’augmenter progressivement!
  10. Si vous avez peur de l’entraînement, votre premier travail est de faire en sorte de l’éliminer. Si vous avez peur en commençant, vous conditionnez votre cerveau à avoir mal! Commencez avec quelque chose de moins structuré s’il faut, mais qui vous rend à l’aise. Décrochez des petites victoires.
  11. Acceptez que vous ne soyez pas nul! Vous en êtes juste là aujourd’hui!
  12. Le temps en réhabilitation n’existe pas!!! Vous allez bien sûr aller sur des sites qui diront que passé un certain nombre de semaines, votre problème sera chronique… Et vous sombrerez donc comme tout le monde dans le désarroi… Votre vie sera faite de douleur… Quelle ânerie! Je ne comprends toujours pas pourquoi certains sites, pourtant soi-disant fiables, donnent toujours des données aussi débiles! Le concept temps en matière de guérison est variable, c’est le vôtre! Plus court ou plus long que celui du voisin et C’EST NORMAL, votre corps n’est pas le sien! Demandez aux spécialistes pourquoi certains athlètes mettent beaucoup plus de temps à revenir après une rupture du ACL… LA PEUR! Donc, ne prenez pas un repère de temps. Soyez positifs, vous irez mieux, que ça prenne 6 mois, 1 an, 2 ans ou plus. Prenez le temps de passer à travers les différentes étapes!
  13. Profiter de la VRAIE vie, de la famille, des amis, des choses qui ne reviendront pas et qu’il faut savourer !

Aujourd’hui, je me connais beaucoup mieux et je ne suis plus juste un entraîneur. Je suis un coach! Je coach, je partage mes connaissances et je protège mes clients et athlètes avant même de les développer. Mon travail est devenu physique ET mental.

Alors après tout ça, voilà pour quoi hier j’étais fier de moi! Peu importe ce qui arrivera aujourd’hui… Il y a 20 mois j’étais dans un lit chez Lucifer et hier… j’ai couru 5 km!